Sites internet, photos, vidéos… Si la communication multimédia sert souvent le commerce et la croissance des entreprises sans se poser trop de questions, parfois aussi elle sert aussi à défendre des causes qui ont davantage de sens.

Je passe 31,74% de ma vie éveillée à travailler devant un écran. Certains aiment ça (Cyril ?) mais parfois je me demande en quoi ça peut être enrichissant pour moi. Si aucun des projets sur lesquels j’ai travaillé n’avaient eu de sens, j’aurais depuis longtemps changé de métier. Mais, parfois, il arrive que l’on se serve du multimédia (web/photo/video…) pour des projets qui, au fond, en valent vraiment la peine.

Faire de belles vidéos, raconter de belles histoires, prendre de belles photos et avoir un beau site internet ne sert souvent à rien dans ce contexte, si ce n’est décrocher des financement. Les organismes comme Greenpeace ou SeaShepherd racontent des histoires organisées en épisodes, à grands renforts de visuels impactants. Ils utilisent de nombreux médias et de détournements qui exploitent les techniques de marketing « virtuelles » dans le but de fidéliser les dons. Le buzz, comme les histoires qui valorisent le donateur ont un succès indéniable. C’est un travail de pensée globale du message, de rédaction et de réalisation concrète en images, de façon pointue et qualitative.

Rainbow Warrior

Pour financer son tout nouveau Rainbow Warrior III, Greenpeace a carrément proposé aux visiteurs de visiter virtuellement le bateau et d’en acheter des pièces… Photo ©Greenpeace

Sea Shepherd
©Sea Shepherd

Pour rendre le message efficace, il s’agit de créer du buzz. Si je vous dit que Rachel Corrie a été assassinée à Gaza en défendant ses convictions, vous n’allez certainement pas vous jeter sur Google pour en savoir davantage. Cependant, prenons le même message avec une photo bien présentée de la jeune américaine, un titre racoleur une petite simulation 3D et quelques créations visuelles bien agencées, votre main ira cliquer toute seule. Ne le prenez pas mal, je suis pareil :nous sommes tous conditionnés par un afflux permanent et brutal d’informations et de désinformation, chaque message étant conçu pour prendre les devants sur celui d’à côté. Il est normal que nous ne sélectionnions l’information que par réflexe.

KenC’est Greenpeace toujours qui a détourné l’image de la poupée KEN via des affiches, films 3D et buzz via les réseaux sociaux pour sensibiliser l’opinion publique sur les agissements de la société Mattel.
Photo ©Greenpeace

L’aspect publicitaire et commercial de l’usage du multimédia pousse les professionnels du métier eux-mêmes, à ne considérer ce domaine d’activité que comme l’antithèse d’une action engagée. Néanmoins peut-on combattre des réalités qui nous indignent même en pratiquant des métiers qui semblent loin de toute forme d’engagement. Les médecins, photographes et enseignants n’ont pas le monopole de l’engagement professionnel.

J’ai moi-même la chance de connaître un producteur-réalisateur qui participe à la formation et la diffusion culturelle au fin fond des pays d’Afrique ; un luthier qui sensibilise les aborigènes à la création musicale inter-culturelle en Australie ; une experte en comportement animal qui parcourt les plaines sibériennes pour résoudre les conflits entre hommes et loups pour sauvegarder la biodiversité locale ; et une infirmière qui tous les jours s’occupe de personnes handicapées à deux kilomètres de chez moi.

Moins exotique, mon dernier exemple ? C’était tout à fait volontaire : c’est pourtant bien elle qui fait le plus don de sa personne au quotidien. Pourquoi son exemple est-il moins marquant ? Parce que la présentation était moins exotique, différente, percutante. Cela s’appelle de la communication.

Et vous, dans votre métier, n’y a t-il pas quelque part un moyen d’agir ?